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Monsieur le Président,
Excellences,
Mesdames et messieurs,
Le 24 février, la Russie a rompu avec les principes de l'Acte final d'Helsinki en déclenchant, avec l'aide de la Biélorussie, une guerre d'agression contre l’Ukraine.
Depuis lors, les Ukrainiens continuent de souffrir tout en défendant leur pays. La Belgique continuera à soutenir inconditionnellement le peuple ukrainien, ainsi que l'intégrité territoriale et la souveraineté de leur pays.
Mais la Russie met aussi en danger l’ossature même de l'architecture de sécurité européenne en mettant à mal toutes les mesures prises pour maitriser les armements, développer la confiance et la sécurité. En somme, tout ce qui a été mis en place au cours des dernières décennies.
La Russie empêche l’OSCE de fonctionner en s’opposant à l’adoption de son budget. Elle nous a imposé de mettre fin aux missions de l’OSCE en Ukraine et nous le déplorons.
Car l’OSCE reste une organisation indispensable, et cela plus que jamais ! Aujourd’hui, tout comme demain, lorsque la guerre en Ukraine sera terminée, notre organisation de sécurité régionale doit rester la plateforme centrale pour prévenir ou contrôler les conflits régionaux, pour le contrôle des armements conventionnels et comme plate-forme de dialogue.
A cet égard, je salue le rôle essentiel des trois institutions autonomes au sein de l'OSCE : le Bureau des institutions démocratiques et des droits de l'homme (BIDDH), la Représentante pour la liberté des médias, et le Haut-Commissaire pour les minorités nationales (HCNM), ainsi que les missions de terrain de l'OSCE. Outre leur utilité actuelle, comme éléments du cadre normatif ces institutions doivent être préservées, dans l'espoir de temps meilleurs à venir.
Nous félicitons donc la Secrétaire générale de l'OSCE qui, avec la Présidence polonaise, a pris l'initiative de poursuivre les tâches essentielles de l'OSCE par le biais d'activités extrabudgétaires. L'un d'eux est le Programme d'appui à l'Ukraine, dont la Belgique est un donateur important. Une grande partie du soutien belge ira à des activités contribuant à mettre en oeuvre l’agenda Femmes, Paix et Sécurité.
Jusqu’à la fin du mois de décembre, la Belgique assume la présidence du Forum pour la coopération en matière de sécurité. Nous avons fait de notre mieux, et je pense pouvoir dire que nous avons réussi, non seulement à préserver, mais aussi à dynamiser le dialogue. La Belgique a mis plusieurs thèmes transversaux à l'ordre du jour et qui méritent clairement plus d'attention. L'un d'eux est ‘les enfants et les conflits armés’, sur lequel nous avons organisé un dialogue sur la sécurité à Vienne, ainsi qu'un événement parallèle aujourd'hui ici à Lodz. Un autre thème avec lequel je veux clôturer mon discours porte sur le thème Femmes, Paix et Sécurité.
La participation pleine, égale et significative des femmes dans la prévention des conflits, la consolidation de la paix, le maintien de la paix et les processus de paix est au coeur de l'agenda Femmes, Paix et Sécurité. Les conflits armés ont un impact différent sur les femmes et les filles que sur les hommes et les garçons.
Cette réalité est bien tangible en Ukraine, car si les hommes se battent sur le front, des femmes se battent également à leur côté. D’autres, assurent la résilience du pays et de leur famille dans des conditions extrêmement difficile compte tenu des dernières frappes aériennes russes qui ciblent les infrastructures vitales. Dmytro Kuleba nous a décrit la réalité qu’il vit au quotidien, avec de longues pannes d’électricité et des interruptions de l’approvisionnement en eau. Dans cette précarité, ce sont les femmes qui assurent des repas et des soins à toute leur famille, accueillent les hommes et les soignent quand ils reviennent du champ de bataille.
Permettez-moi ici d’évoquer un sujet sensible, j’étais le weekend dernier en Ukraine et l’on parle avec inquiétude de la violence domestique que subissent les femmes comme résultat du traumatisme général éprouvé par la population. C’est une des conséquences trop souvent méconnue, mal appréhendée des guerres, quel qu’en soit le théâtre. La reconstruction passera aussi par une prise en charge psychologique.
Je voudrais terminer en remerciant chaleureusement notre collègue polonais, Zbigniew Rau, d'avoir présidé avec succès l'OSCE en ces temps difficiles, et je souhaite notre collègue de la Macédoine du Nord, Bujar Osmani, autant de courage et de succès.
Je vous remercie.
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